En France, près d’un quart du littoral s’érode. La Picardie maritime a mis en œuvre deux moyens « doux » de résister à cette érosion.
L’érosion des côtes est un phénomène naturel que l’on observe partout dans le monde. En France, près d’un quart du littoral s’érode. Ce phénomène peut avoir un impact important sur les activités humaines, en matière de développement économique, d’urbanisation du littoral, de tourisme et de protection de la biodiversité. La Picardie maritime a mis en œuvre deux moyens « doux » de résister à cette érosion.
Pour défendre la côte contre l’agression de flots marins, les hommes peuvent mettre en place des «moyens durs» ou des «moyens doux». Les premiers consistent en des digues, des épis ou des brises lames, destinés à s’opposer frontalement à la mer. Ce sont des ouvrages coûteux à la réalisation et à l’entretien mais hélas indispensables dans certaines configurations du littoral où les enjeux humains sont importants. L’autre moyen utilise la nature pour la contrer elle-même. Dans ce cadre, deux stratégies innovantes sont actuellement développées au Nord et au Sud de la Baie de Somme.
A QUEND, L’EXEMPLE D’ECOPLAGE
La première a été installée sous la plage de Quend en 2008 et permet d’y maintenir le sable ; moyen naturel de protection de la côte. Auparavant, le sable de la plage de Quend était emporté par les flots, ce qui fragilisait la plage et la digue de la ville. Le nouveau dispositif de défense contre la mer a été installé par la société ECOPLAGE® détentrice du brevet. Il se compose d’un système de tuyaux enterrés à deux mètres sous le sable, qui draine l’eau de la plage et la renvoie en mer. L’effet est double. Tout d’abord, les grains de sable, désaturés d’eau, se resserrent, le massif de sable devient plus résistant à l’érosion et la plage est stabilisée. Ensuite, le procédé favorise l’engraissement de la plage. Les vagues, sur une surface de sable sec, déposent plus de sable qu’elles en n’en retirent. C’est donc le sable naturel, fixé par le dispositif, qui protège la plage de Quend.
DEMAIN A AULT, L’ECO-QUARTIER DU MOULINET
La seconde est un moyen de défense passive contre la mer. La ville littorale d’Ault est confrontée à l’érosion de ses falaises. Depuis de nombreuses années, elle a consacré l’essentiel de ses moyens financiers pour se protéger des éléments naturels en utilisant des moyens durs. Cela au détriment de l’entretien de son patrimoine historique bâti et, à fortiori, de tous ses nouveaux projets de développement. La solution, proposée par le Syndicat Mixte Baie de Somme – Grand Littoral Picard à la commune, a été de construire un nouveau quartier en retrait du littoral. Ce nouveau site urbain occupera une vaste propriété de 7 hectares, le Moulinet, rachetée en 2003, à cet effet. Il sera entièrement bâti sur ce terrain suivant les nouvelles techniques de construction, durables et responsables. Environ un millier de personnes l’occuperont. Au lieu de lutter frontalement contre la mer, en bord de falaises, la ville a décidé de reculer pour se développer durablement.
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Commentaires
greg80300, le 13/02/2011 à 19h00 en ce qui concerne la situation d'ault, il faut esperer que le casino, qui defigure le site sera rapidement rasé et offrira alors un formidable point de vue aux touristes Répondre
Syndicat Mixte Baie de Somme - Grand Littoral Picard
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